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Registres du conseil, dimanche 12 décembre 1602 |
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noAuteur - Sur une idée du DIP, Département de l'Instruction Publique - 2004-05-02
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| Chapeaurouge | | Dimenche XXe | | Lect | | Guait | | decembre 1602 à | | Roset | | Pictet | | 8 heures du matin | | De la Ryve | | Maisonneuve | | 4 Seigneurs Syndics | | Maillet | | Du Villard | | Sr. Lieutenant. | | Favre | | Du Pan | | | | Mestrezat | | Rigot | | | | Franc | | Savion | | | | Verace |
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| Surprise |
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D'autant que ce dimenche ie jour de decembre, un peu apres minuit, les troupes de Savoye soubz la conduite d'Albigny, ayans esté ramassees dextrement et secretement peu de jours auparavant, se trouvent pres de ceste ville, et ayans donné ordre a ce qu'ils pretendoient, approcherent si coyement vers le fossé vis à vis de la maison du Sr. Julian Peaget entre la porte de la Monnoye et la porte Neufve, que sans estre descouverts, ils firent passer les plus determinez au nombre d'environ 300, bien armez par dessus les clayes, avec trois eschelles qui sont faites d'artifice exquis, se demontent, portent et eslevent si hault qu'on veuit. Ils plantent leurs eschelles contre la muraille, montent coyement, entrent à la file en bon nombre. Estant entrez, ils descouvrent une ronde qu'ils laissent passer, sans estre descouverts d'icelle. Il estoit les deux heures et demi, la nuit estant fort obscure. |
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| François Boussesel |
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Une seconde ronde passe tost apres, assavoir François Boussesel qui descouvrant quelque chose, s'aproche pour sçavoir que c'est. Ils renversent par terre celuy qui crioit " qui va là ? ". Le porte-lanterne eschape et commence à crier, eux ja montez au nombre de plus de cent, envoyent leur petardier à la porte neuve pour y app(icquer son petard, d'Albigny estant dehors aux barrieres pour faire jouer les siens promptemens. Ce petardier suivi de quelques autres dont les uns se saisirent de l'advenue de la porte Tartasse, pour faire teste au secours, les autres deliberent s'emparer de la maison de Peaget et de quelques autres, pour entrer par divers endroitz dedans la ville, quand leurs compagnons seroient montez, afin de se rendre maîtres de la place. Les autres donnent à la place de la monnoye pour faire teste au secours qui pourroit venir de SaintGervaix et de la ville. Estans presques tous entrez, ils commencerent à faire leur execution, mais Dieu commença aussi a besoigner pour nous ses pauvres enfans. Ils enfoncent une porte chez Peaget, et tuent un sien serviteur, frere de François de Baptista portier, qui accouroit contre eulx. Mais l'alarme donnee, comme ils pretendoient forcer la porte de devant, et faire de mesmes en une autre maison prochaine, ils entendent que l'on sonnoit le toxain bien rudement, et qu'à la porte de la monnoye, gens accouroient pour les repousser. Ce qu'ayant esté fait avec grand peyne, le coup de Dieu fut premierement sur le petardier tué, devant qu'avoir peu effectuer ce qu'il pretendoit, secondement sur ceux qui sortis des maisons au cri de leurs compagnons, furent terrassés. Cela se faisoit entre trois et quatre heures. Ces brigands entendans que leur petardier estoit tué, que consequemment leur secours promis par d'Albigny manquoit, les plus mauvais abattus par terre, les nostres se renforcent et rallient de minute en minute commencent à regaigner la muraille, les uns se jectans du haut en bas sans corde ni eschelle, les autres se coulans comme ils pouvoient, les autres pensans descendre par leurs eschelles les rompirent à la foule. L'artillerie chargée de dragees donnoit cependant dedans les fossez et es environs de la porte neuve. Il y avoit aussi un nombre d'arquebousiers en la petite isle proche de ce fossé ou estoit l'ennemi qui ne tiroient gueres à faute. Par ainsy, en une heure demi, parmi les tenebres, Dieu monstra la lumiere de sa grace à ceste ville et couvrit d'ignominie eternelle ses ennemis. Outre les tués sur la place, on en attrapa en vie treize, le nombre de leurs tuez, penduz et blecez les uns à mort, les autres estropies rudement, monte à trois cens François reniés et Savoyards. Ils estoient dehors, tant au bord du fossé avec d'Albigny et en Plain Palais et pres de la porte neuve deux mil et plus de pied et de cheval qui se retirerent fort honteusement. Ceci fait, on s'est assemblé, pour adviser es occurences et ce qu'on auroit à faire des prisonniers, et arresté qu'apres qu'ils auront heu l'estrapade pour tacher de descouvrir les traistres de la ville desquels ils se sont vraysemblablement servis, apres ce, qu'on les pende au bobard de l'Oye, Item que noble jean Savion conseiller, aille demander au Srs baillifs de Nion, Morges et Lausanne jusques 300 hommes pour mesler avec nos compagnies, suivant la convention cy devant de ce faite avec Messieurs de Berne. |
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Dudit jour apres disner Les Seigneurs susdits |
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On s'est aussi assemblé pour adviser de pres à la garde de la ville, d'autant qu'il est vraysemblable que l'ennemi pourra redoubler un effort et seconde surprise. Et a esté arresté qu'on face veiller ceste nuit cinq compagnies de la ville, et que 3 Seigneurs de ce corps, assavoir Mrs Barillet, de la Ryve et Rigot conseillers, commencent à veiller ceans en ceste sale avec leurs armes et s'enquierent diligemment de ce qui se passera pour y pourveoir au mieux que Dieu leur en fera la grace. |
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Registre du Conseil vol. 97 (1602), f. 192 recto et verso et f. 193 |
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Sur une idée du DIP, Département de l'Instruction Publique - 2004-05-02
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